Patent: Beaumont

France 23222

(13260)

BREVET D’INVENTION,

(Patente anglaise expirant le 20 février 1869),

En date du 18 avril 1855,

Au sieur BEAUMONT, du comté d’York (Angleterre),

Pour des perfectionnements dans les armes à feu.

Pl. LIII.

Mon invention consiste dans une combinaison particulière de la platine des armes à feu, au moyen de laquelle on peut armer le chien avec la main ou en tirant la détente. Dans ce but, le chien, au lieu d’être séparé de la détente, lui est relié, ce qui fait que lorsqu’on tire la détente en arrière le chien est élevé.

Avec la détente est aussi combiné un appareil semblable à ce qu’on a employé jusqu’ici dans les platines des armes à feu pour agir sur le chien, afin de le ramener en arrière (lorsqu’il n’est pas armé) en tirant la détente; par là une arme à feu sera en tout temps (supposant qu’il y ait une capsule sur la cheminée) en état d’être déchargée au moyen de la détente, soit après avoir d’abord armé le chien avec la main, soit en tirant simplement la détente pour élever le chien et pour le décharger. En même temps que le chien est armé au moyen de la détente ou autrement, les chambres, tonnerre ou barillet tourneront comme d’ordinaire.

Fig. 1, section d’un pistolet revolver portant une platine construite et disposée suivant mon invention; les parties mécaniques sont montrées dans la position qu’elles occupent immédiatement après la chute du chien.

Fig. 2, autre section des mêmes parties, où le mécanisme est vu dans les positions prises lorsque le chien a été armé avec la main.

Les autres figures représentent différentes vues des pièces du mécanisme prises séparément.

Dans aucune des figures on ne voit les chambres ou tonnerres tournants, afin de ne pas gêner la vue des autres parties indiquées.

a, détente qui se meut sur son axe b, et qui est constamment pressée par son ressort c. La détente, lorsqu’elle est tirée, agit sur le crane au moyen du cliquet ou chassoir d, et élève ou arme le chien, de la position vue dans la figure 1, à la position de la figure 2, dans laquelle on voit le cliquet ou chassoir, lorsqu’il a forcé en arrière le chien et qu’il a passé le cran e, de manière que le chien serait alors en liberté de descendre sur la cheminée. A cet égard, l’arrangement des parties est en substance le même que dans les platines d’armes de cette nature actuellement fabriquées par MM. Deane, Adams et compagnie, et il est nécessaire que l’on comprenne bien que la particularité de la présente invention est que, en outre de la possibilité de décharger les contenus des chambres d’un revolver, successivement, par le simple acte de tirer la détente, cette arme à feu peut aussi s’armer en tirant en arrière le chien, d’une manière semblable à celle usitée pour les autres armes à feu, de sorte qu’on n’a plus besoin que d’un effort beaucoup plus léger sur la détente pour faire abattre le chien. Pour cela, il est nécessaire d’employer un instrument ou appareil qui, (lorsque le chien est tiré en arrière ou armé indépendamment de la détente), agisse sur la détente et la fasse mouvoir dans la position voulue pour dégager le cliquet ou arrêt qui retient le chien. Cette connexion entre le chien et la détente peut être variée dans ses détails, mais j’emploie les parties indiquées dans le dessin.

f, cliquet ou arrêt pressé par un ressort; ce cliquet, lorsqu’on tire en arrière le chien, entre dans le cran g et retient le chien armé.

h, chassoir faisant tourner les canons sur leur axe j, de la manière ordinaire.

i, ressort fixé au chassoir h et passant en bas en dessous du joint de goupille k, qui relie le chassoir h à la détente. Le ressort i est alors recourbé, ou a une saillie à angles droits avec lui, laquelle presse sur la queue du chassoir d, ce qui fait que le chassoir d est constamment pressé vers le chien.

l, crochet fixé à la partie inférieure du chien et entrant dans une rainure formée dans le chassoir d qui, par là, est élevé lorsque le chien est reculé au moyen de la main, de sorte que la détente se trouvera ainsi élevée ou mise en position pour décharger le chien, au moyen d’un très-faible tirage

Je ne réclame point ici l’idée de faire élever et abattre le chien d’un revolver par l’action de la détente, prise séparément; je ne réclame pas non plus l’arrangement de la platine d’un revolver de manière que le chien puisse être armé avec la main, pris séparément; mais je réclame le mode de construction de la platine d’un revolver, d’après lequel il peut posséder ces deux propriétés, dont l’ensemble constitue la particularité de mon invention.